Que faire immédiatement après un décès ? Les étapes à suivre

Après un décès, il est parfois difficile de savoir quoi faire en premier. Voici les principales étapes à suivre, dans l’ordre, pour vous aider à y voir plus clair dans un moment éprouvant.

Les premières étapes, en résumé

  1. Faire constater le décès.
  2. Savoir où va le corps après le décès.
  3. Déclarer le décès à la mairie.
  4. Vérifier si le défunt avait laissé des volontés.
  5. Rechercher l’existence d’un contrat obsèques.
  6. Contacter les pompes funèbres.
  7. Organiser les obsèques dans les délais prévus.
  8. Effectuer les démarches qui suivent les obsèques.

Toutes les situations ne sont pas identiques : les premières démarches peuvent varier selon que le décès a lieu à domicile, à l’hôpital, en EHPAD ou dans des circonstances particulières. Ci-dessous, je vous détaille chaque point pour répondre aux principales questions qui peuvent se poser.

Documents et démarches à effectuer après un décès

1. Qui contacter immédiatement après le décès ?

La première étape consiste à faire constater officiellement le décès afin qu’un certificat de décès puisse être établi. La démarche dépend du lieu et des circonstances.

Si le décès a lieu à l’hôpital ou en EHPAD, l’établissement organise lui-même le constat du décès. La famille n’a donc pas à chercher un médecin de son côté.

Si le décès a lieu à domicile, il faut faire intervenir un professionnel habilité pour constater le décès et établir le certificat de décès.
En journée, contactez d’abord le médecin traitant s’il est joignable.
Le soir, la nuit, le week-end ou les jours fériés, si vous ne savez pas qui appeler, contactez le 15 : la régulation médicale pourra vous orienter vers un médecin de garde ou un autre professionnel habilité dans votre secteur.
Certains infirmiers spécialement formés peuvent également établir un certificat de décès.

Si le décès est violent, accidentel ou suspect, contactez immédiatement la police ou la gendarmerie. Les forces de l’ordre organiseront les premières constatations et feront intervenir le professionnel de santé nécessaire. Si un obstacle médico-légal est posé, les opérations funéraires devront attendre l’autorisation de l’autorité judiciaire.

Le certificat de décès est obligatoire : sans lui, les démarches funéraires ne peuvent pas être engagées et le corps ne peut pas être transporté. Il permet ensuite d’effectuer la déclaration de décès à la mairie. Une fois l’entreprise de pompes funèbres choisie, elle pourra à son tour disposer des éléments nécessaires pour organiser la suite des obsèques.

2. Où va le corps après le décès ?

Lorsqu’un décès survient dans un établissement de santé, le corps peut être accueilli dans sa chambre mortuaire s’il y en a une, et il peut y être conservé gratuitement pendant les trois premiers jours.

Si l’établissement de santé ne dispose pas de chambre mortuaire, demandez qui a décidé du transfert vers la chambre funéraire et qui devra en supporter les frais.
Dans le cas particulier où le directeur d’un établissement qui n’est pas tenu d’avoir une chambre mortuaire organise lui-même le transfert après avoir vainement tenté de joindre la famille pendant dix heures, le transport et les trois premiers jours en chambre funéraire sont pris en charge par l’établissement.
Avant d’accepter ou de signer quoi que ce soit, vérifiez donc toujours qui demande le transfert et qui en supportera les frais.

Si le décès a lieu en EHPAD ou en maison de retraite, qui relèvent du secteur médico-social, le défunt peut rester dans l’établissement dans l’attente des obsèques, selon les possibilités de celui-ci. Certains établissements disposent également d’une chambre mortuaire.
Si un transfert vers une chambre funéraire est nécessaire, le séjour est en principe payant et les frais sont généralement à la charge de la famille.

Si le décès a lieu à domicile, le défunt peut rester au domicile dans l’attente des obsèques, à condition que sa conservation puisse être assurée dans de bonnes conditions, ou aller en chambre funéraire (aussi appelée funérarium).


Pour conserver le corps au domicile, les soins de thanatopraxie ne sont pas obligatoires.
Selon la durée, la température et l’état du corps, d’autres moyens de conservation peuvent être utilisés, notamment le froid. Les pompes funèbres pourront vous indiquer la solution la plus adaptée.
Au-delà de six jours à domicile, un cercueil hermétique est imposé par la réglementation.
L’inhumation ou la crémation doit avoir lieu (sauf dérogation) au plus tard le quatorzième jour suivant le décès.

Lorsqu’un transfert vers une chambre funéraire est prévu avant la mise en bière, le transport doit être achevé dans les 48 heures suivant le décès .

Nous reviendrons plus en détail dans un prochain article sur les différences entre chambre mortuaire, chambre funéraire et maintien du défunt à domicile

3. Qui doit déclarer le décès à la mairie ?

La déclaration de décès est obligatoire.

Lorsque le décès a lieu dans un hôpital, une maison de retraite ou un EHPAD, c’est à l’établissement de la faire.
Dans les autres cas, la déclaration peut être effectuée par un proche du défunt, ou être confiée à l’entreprise de pompes funèbres. Si celle-ci s’en charge, vérifiez sur le devis si cette formalité vous est facturée.

La déclaration se fait auprès de la mairie de la commune où le décès est survenu.

Après la déclaration, la mairie établit l’acte de décès. C’est ce document qui vous sera demandé pour de nombreuses démarches administratives. Il est donc pratique d’en demander plusieurs exemplaires dès le départ, même s’il reste possible d’en obtenir d’autres ultérieurement.

À ne pas confondre : le certificat de décès et l’acte de décès sont deux documents différents.
Le certificat de décès est établi par le professionnel de santé ; l’acte de décès est établi par la mairie.

4. Le défunt avait-il laissé des volontés ?

Avant de prendre certaines décisions importantes, il faut essayer de savoir si le défunt avait exprimé des souhaits concernant ses funérailles : inhumation ou crémation, cérémonie civile ou religieuse, destination des cendres, personne chargée d’organiser les obsèques, etc.

La loi permet en effet à chacun d’organiser à l’avance les conditions de ses funérailles et de désigner une ou plusieurs personnes chargées de veiller au respect de ses volontés.

Mais juste après un décès, personne n’a forcément envie de retourner immédiatement toute une maison à la recherche d’un document.

Comment savoir s’il existe un testament ?

Si le défunt avait confié son testament à un notaire, son existence peut être recherchée grâce au Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV), aussi appelé fichier des testaments.

Ce fichier permet de savoir si un testament confié à un notaire existe et auprès de quelle étude notariale il est conservé.

Toute personne peut interroger le FCDDV après le décès en fournissant les justificatifs demandés. Si un notaire est chargé de la succession, c’est généralement lui qui effectue cette recherche.

Attention cependant : le FCDDV ne recense que les testaments qui ont été enregistrés auprès d’un notaire. Un document conservé uniquement au domicile du défunt, sans avoir été déposé ou signalé à un notaire, peut donc ne pas y apparaître.


Mais un testament olographe peut parfaitement être inscrit au FCDDV : il suffit qu’il ait été confié à un notaire, qui enregistre alors son existence dans le fichier.

5. Comment savoir s’il existait un contrat obsèques ?

Il n’est pas toujours facile de savoir quels contrats ou assurances le défunt avait souscrits. Un contrat obsèques peut dater de plusieurs années, et certaines garanties décès peuvent être incluses dans d’autres contrats d’assurance ou de prévoyance.

Pour rechercher un contrat obsèques, vous pouvez interroger l’AGIRA. Il faudra fournir des renseignements concernant le défunt et envoyer l’acte de décès. La demande peut être faite par un proche ou par l’entreprise de pompes funèbres. En pratique, une entreprise de pompes funèbres sérieuse devrait vérifier l’existence d’un contrat obsèques.

Il existe également un dispositif AGIRA Vie pour rechercher un éventuel contrat d’assurance-vie dont vous pourriez être bénéficiaire.

Pensez aussi à vérifier les autres contrats connus du défunt : mutuelle, prévoyance, assurance, assurance liée à un prêt, contrat employeur ou bancaire. Certaines garanties peuvent prévoir un capital ou une aide en cas de décès. Malheureusement, il n’existe pas de fichier unique recensant l’ensemble des contrats souscrits par une personne.

6. Quand contacter les pompes funèbres ?

Pour rester simple : contactez-les le jour même ou, au plus tard, le lendemain du décès.

Ce n’est pas un délai légal unique, mais c’est le délai pratique à retenir.

Si le corps doit être déplacé avant la mise en bière, le transport doit en principe être achevé dans les 48 heures suivant le décès.
Si le défunt reste à domicile, contacter rapidement les pompes funèbres permet de mettre en place les meilleures conditions de conservation possibles.

Cela permet aussi de commencer à organiser sans précipitation le choix du cercueil et les obsèques.

Vous restez libre de choisir l’entreprise de pompes funèbres ou la coopérative funéraire à laquelle vous souhaitez faire appel.

Avant de vous engager, demandez un devis écrit et détaillé . Le professionnel doit permettre de distinguer clairement les prestations obligatoires des prestations facultatives.
En savoir plus sur les devis funéraires – DGCCRF

Parmi les décisions à prendre avec l’opérateur funéraire figurent notamment :

  • le cercueil, avec ses équipements réglementaires
  • le choix entre l’inhumation ou la crémation
  • en cas de crémation, le cendrier cinéraire destiné à recueillir les cendres
  • le transport du défunt, lorsqu’il est nécessaire
  • une housse mortuaire en cas de transport avant la mise en bière

Certaines prestations sont obligatoires, d’autres dépendent de la situation, et d’autres sont facultatives. Le devis doit indiquer clairement ce qui est obligatoire et ce qui ne l’est pas. À partir du 1er octobre 2026, les opérateurs funéraires doivent également mettre à disposition une notice standardisée expliquant cette distinction.

7. Combien de temps dispose-t-on pour organiser les obsèques ?

En règle générale, l’inhumation ou la crémation doit avoir lieu au minimum 24 heures après le décès et au plus tard le quatorzième jour calendaire suivant celui du décès. Des dérogations sont possibles dans certains cas particuliers, notamment en cas de problème médico-légal, de décès à l’étranger ou de circonstances locales particulières.

8. Quelles démarches effectuer ensuite ?

Une fois les premières décisions prises et les obsèques organisées, commence une deuxième série de formalités.

La première question est souvent celle du paiement des obsèques : qui reçoit la facture et qui doit la régler ?

La facture est généralement adressée à la personne qui a signé le devis avec l’entreprise de pompes funèbres. Si le défunt avait prévu un contrat obsèques, celui-ci peut prendre en charge tout ou partie des frais.
Il est également possible de demander à la banque du défunt de régler directement une partie des frais sur ses comptes, dans la limite du solde disponible et du plafond prévu par la réglementation. Si un proche avance les frais, il pourra ensuite, selon la situation, en demander le remboursement à la succession ou aux autres héritiers.

Puis, selon la situation du défunt, il faudra notamment prévenir ou contacter :

  • l’employeur ou France Travail ;
  • les caisses de retraite ;
  • la banque ;
  • les assurances et la mutuelle ;
  • les organismes sociaux ;
  • le propriétaire ou les organismes liés au logement ;
  • certains fournisseurs et abonnements ;
  • le notaire lorsqu’il est nécessaire de régler la succession.

Il n’est pas nécessaire de tout faire dans les premières heures.

Service-Public propose un parcours officiel « Un proche est décédé », qui permet d’obtenir la liste des démarches correspondant à la situation personnelle du défunt.

L’essentiel : distinguer ce qui est urgent de ce qui peut attendre

Dans les premières heures, les priorités sont finalement assez peu nombreuses : faire constater le décès, savoir où sera accueilli le défunt, faire effectuer la déclaration en mairie et commencer à organiser les obsèques.

Il faut également rechercher assez rapidement l’existence d’éventuelles volontés ou d’un contrat obsèques, sans pour autant avoir l’impression de devoir régler immédiatement toutes les questions administratives liées au décès.

Les démarches auprès des banques, assurances, caisses de retraite et autres organismes viendront ensuite.

Dans un moment où il peut être difficile de réfléchir et de retenir beaucoup d’informations, avancer une étape après l’autre permet déjà d’y voir plus clair.

*Tous les liens de cet article renvoient vers des sites officiels et ont été vérifiés en septembre 2026*

Laisser un commentaire